Coronavirus : en Alsace et dans le monde, chronologie subjective d'une crise sans précédent

Le 11 janvier 2020, le mot « coronavirus » apparaît pour la première fois dans les DNA et L'Alsace depuis 2013 .

Le 11 janvier, première mention dans nos pages du nouveau coronavirus

Le 11 janvier 2020, le mot « coronavirus » apparaît pour la première fois dans les DNA et L'Alsace depuis 2013 et l’épidémie de MERS (syndrome respiratoire du Moyen-Orient) en Arabie Saoudite. « Un nouveau virus identifié, la Chine s’inquiète », titre cet article de quelques centaines de caractères dans le premier cahier de votre journal. « Le dernier bilan officiel de l’épidémie fait état de 59 personnes contaminées, dont sept gravement atteintes ». On parle de placement en « quarantaine » de certains patients. Quelques jours plus tard, le 19 janvier, l’inquiétude monte d’un cran : « Quel est ce mystérieux virus chinois ? », s’interroge-t-on au sujet de cette maladie « apparue il y a un mois sur un marché de Wuhan », fermé depuis le 1er janvier. 

Le 21 janvier : c’est une certitude, « le virus se transmet entre humains ». 

Le 23 janvier, la directrice du laboratoire de virologie des hôpitaux universitaires de Strasbourg, la Pr Samira Fafi-Kremer, dit craindre « un risque de flambée rapide », notamment en raison des déplacements de population en rapport avec le nouvel an chinois. Déjà , la praticienne conseille « le port du masque en présence d’un patient », « car le virus se transmet par les voies aériennes ».

Fin janvier: premiers rapatriements de Chine, festivités du nouvel an chinois annulées à Mulhouse et Strasbourg

Le 24 janvier, vos journaux racontent le dernier vol de Wuhan à Paris et disent le soulagement de ces Français rapatriés d’une ville qu’ils décrivent comme « en état de siège ». Ils sont « rongés par l’inquiétude ». En effet, 20 millions de Chinois commencent alors une longue période de confinement.

Le 25 janvier, le virus se rapproche, au moins virtuellement, de l’Alsace. Le CHU de Strasbourg est « habilité » à analyser des prélèvements suspects. Et, déjà, les précautions  à prendre face au virus, succinctement décrites, et le champ lexical, ont de quoi susciter quelque inquiétude : « comorbidité », « mise à l’isolement » etc. Dans les mêmes temps, on apprend que « l’épidémie s’accélère » en Chine.

Le 26 janvier, on apprend que trois personnes atteintes de ce qu’on appelle alors le « 2019-nCOV », toutes passées par Wuhan, sont confinées à l’hôpital en France. Mais « pas de panique ! », la dangerosité du virus reste « limitée », assurent les autorités médicales : « Les personnes décédées du virus en Chine présentaient des fragilités, soit parce qu’elles étaient âgées, soit parce qu’elles souffraient de maladies chroniques ». Et si on applique les « mesures barrières «  (une expression appelée à faire florès), on évite facilement d’être contaminé. Dans la majorité des cas, « l’infection est peu sévère », détaille le Dr Sylvie Behillil , responsable adjointe du Centre national de référence des virus respiratoires à l’Institut Pasteur.

Le 27 janvier, les premières conséquences régionales de l’épidémie se font ressentir en Alsace. Les festivités du nouvel an chinois sont annulées à Mulhouse et Strasbourg, alors que l’OMS relève son niveau d’alerte. Le 29 janvier, un quatrième cas « dans un état clinique sévère », est annoncé en France. Il s’agit d’un touriste chinois. Le même jour, les mots « pénurie de masques » apparaissent pour la première fois dans vos journaux. Le 30 janvier, alors qu’un 5e cas de contamination est à déplorer en France, sur un touriste chinois dans un état grave », les Alsaciens expatriés en Chine confient leur « angoisse » dans nos colonnes.  Le lendemain, le nombre de décès augmente fortement en Chine : un « pic de mortalité », à 170 morts… et l’OMS décrète « l’urgence internationale ». En Alsace, tous les commerces chinois commencent à souffrir de la désaffection de leur clientèle habituelle et d’une peur un brin irrationnelle.


Février: première mention d'une possible "pénurie de masques", les carnavals annulés

En Alsace, les services d’urgences s’inquiètent, début février, et s’attendent à être « très sollicités », car d’autres épidémies circulent dans la région : la rougeole, la gastro-entérite, la grippe… 

Le 6 février, les masques de protection commencent à manquer dans les pharmacies. Des clients se sont déjà rués sur ces précieux objets (et ce n’est qu’un début). On apprend dans les mêmes temps le décès du médecin chinois lanceur d’alerte, Li Wenliang.

Le 9 février, un « cluster » est mis au jour dans la station de ski des Contamines-Montjoie, en Haute-Savoie. Les autorités tentent alors de rassurer la population : « Les risques sont très faibles… »

C’est le 15 février qu’un premier décès dû au coronavirus est à déplorer en France. Un touriste chinois âgé de 80 ans, arrivé le 23 janvier, qui était placé en réanimation à Paris depuis quinze jours. En Chine, le bilan « continue de s’alourdir».

Le 20 février, le bilan mondial, comprenant les chiffres contestés de la Chine, s’établit à 2000 morts.

Dans le même temps, le 23 février, les nouvelles en provenance d’Italie commencent à être alarmistes : c’est le pays « le plus touché d’Europe ». Deux personnes y sont décédées en 24 heures. A la fin février, les cas se multiplient dans la péninsule. Le 26 février, le bilan italien monte à 11 morts. Et on recense deux cas de plus en France.

C’est le 26 février aussi que le Pr Didier Raoult, à l’IHU de Marseille, annonce qu’un « banal traitement contre le paludisme », à base de chloroquine, « montre des signes d’efficacité » contre le Covid-19. En Alsace, c’est surtout l’économie qui commence à souffrir : les entreprises qui ont des intérêts en Chine se voient forcées de réduire drastiquement leur activité. Le même jour, enfin, on annonce le premier cas de Covid-19 dans le Bade-Wurtemberg, à 40 km à l’est de Stuttgart. Pourtant, il n’y a pas encore de menaces sur le carnaval de Bâle…

Le 27 février, vos journaux rendent compte d’une « alerte » à Kehl, ville-frontière de Strasbourg. Un bus qui assurait la liaison Strasbourg-Karlsruhe est bloqué en raison de la présence à bord de passagers chinois, originaires de Wuhan. Fausse alerte, heureusement, mais, le même jour, un premier cas de patient positif au coronavirus est détecté à Strasbourg. Un homme de 36 ans, de retour de Milan. Au plan national, un premier mort est à déplorer chez un Français qui ne rentre pas de Chine ni d’une « zone à risque » : il s’agit de l’enseignant sexagénaire de Crépy-en-Valois, dans l’Oise.

Le 28 février, des auteurs, qui devaient participer au festival de BD de Colmar, annulent leur venue. Et à Bâle, on n’est plus vraiment sûr que le Morgestraich se tiendra vraiment. A Molsheim, l’entreprise Merck est placée sous surveillance après que le conjoint d’une salariée a été hospitalisé à Strasbourg.

Le même jour, c’est une jeune femme qui travaille dans une garderie à Bâle qui tombe malade. Au plan national, l’épidémie fait un bond en France, puisqu’on annonce 38 cas dans tout le pays.

C’est le 29 février que le carnaval de Bâle est officiellement annulé. Il devait se tenir les 2, 3 et 4 mars. Celui de Roppenheim suit le 1er mars, le Bouc Bleu de Hoenheim-Schiltigheim-Bischheim le 2, le carnaval vénitien de Rosheim, le carnaval de Colmar le 3, Ce même jour, la société française de microbiologie affirme que « le degré de dangerosité du Covid-19 n'est pas le même [en France] qu'en Chine.

Premières interrogations sur le maintien des municipales, premiers cas confirmés en Alsace, avec le rassemblement évangélique de Mulhouse en ligne de mire

Le 1er mars, dans nos colonnes, survient la première interrogation sur le maintien des élections municipales et du premier tour du 15 mars, dans le secteur de Schirmeck.

 Le 2 mars, cinq nouveaux cas de coronavirus sont confirmés en Alsace. Parmi eux, une mère de famille de Hésingue et ses deux enfants. En France, on dénombre 130 cas.

Le 3 mars, l'inquiétude commence à sourdre à Hésingue, près de Saint-Louis, où l'on dénombre quatre cas maintenant. Les parents d'élèves de l'école fréquentée par les enfants malades disent leur angoisse. Au total, on compte 11 cas dans le Grand Est, dont 8 en Alsace. Des familles de Molsheim, où un tiers des salariés de Merck ont été mis en télétravail, et Strasbourg, sont elles aussi touchées. Dans l'Oise, on annonce un 3e décès dû au coronavirus.

Le 4 mars, un quatrième décès est à déplorer en France, dans le Morbihan. A Strasbourg, les concerts au Zénith de Gims et M. Pokora sont annulés. Pour la première fois, on craint des contaminations dans un EHPAD en Alsace, à Village-Neuf, toujours près de Saint-Louis, en lien avec les cas détectés à Hésingue, chez une famille qui gère une supérette Carrefour Contact. Lors de son point quotidien, le soir, le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, annonce pour la première fois que 7 cas confirmés de coronavirus dans le Grand Est sont liés à un rassemblement évangélique qui s'est tenu du 17 au 24 février à Mulhouse, dans le quartier de Bourtzwiller. Parmi les malades, le pasteur mennonite Samuel Peterschmitt, mais aussi son fils, le Dr Jonathan Peterschmitt, ou encore une famille de Hésingue. Une cellule de crise est mise en place pour recenser tous les cas. Les écoles où les enfants contaminés étaient scolarisés sont temporairement fermées.

Le 5 mars, on annonce que la campagne des municipales est d'ores et déjà perturbée dans plusieurs régions de France. Des meetings sont annulés et on craint déjà une participation en berne. Pas question cependant de repousser les opérations électorales : du gel et des masques seront proposés dans les bureaux de vote, et on laissera les fenêtres ouvertes pour faire circuler l'air. En Alsace, les journées portes ouvertes dans les lycées et les universités sont annulées. Le virus circule rapidement en Alsace, où la situation est jugée « très évolutive », avec 21 cas confirmés. L'important foyer en lien avec le rassemblement évangélique de la Porte ouverte chrétienne est confirmé.


Epidémie "inexorable", le député Reitzer placé en réanimation

Le 6 mars, l'épidémie est jugée « inexorable » en France, aucune région n'étant épargnée. Plus de 400 personnes sont contaminées. Parmi les malades, on apprend que figure le député du sud du Haut-Rhin Jean-Luc Reitzer, hospitalisé dans un service de réanimation, dans un état grave. Le Parlement européen décide de ne pas tenir sa session à Strasbourg et de la déplacer à Bruxelles. C'est aussi ce jour qu'on apprend l'existence d'un premier cas confirmé de coronavirus parmi les centaines de policiers strasbourgeois. Le rassemblement évangélique de Mulhouse est confirmé comme un important foyer de contamination avec des cas qui ont essaimé jusqu'en Guyane. Ce foyer a aussi touché le secteur de Colmar, où plusieurs écoles ont été fermées et où un EHPAD de Neuf-Brisach est placé en confinement. A Bouxwiller, un arrêté du maire décide la fermeture des écoles jusqu'à nouvel ordre. Les annulations de multiplient : vide-greniers, messes, cavalcades...

Le 7 mars, alors que le monde compte plus de 100000 cas, le virus « accélère encore », faisant craindre un passage au stade 3 de l'épidémie, alors que 81 personnes sont contaminées en lien avec le rassemblement évangélique de Bourtzwiller et que l'Assemblée nationale prend des mesures de télétravail. Les écoles et crèches du Haut-Rhin seront fermées pour 15 jours. La campagne des municipales est fortement perturbée, les débats se déroulant à huis clos. La vie économique commence aussi à souffrir et la Région Grand Est met en place des mesures de soutien aux entreprises, alors que la bourse de Paris connaît un vent de panique. Le monde sportif subit aussi les conséquences de l'épidémie : la rencontre Racing-Club de Strasbourg-PSG est reportée à une date ultérieure et les matches sont annulés dans tout le Grand Est. A Mulhouse, on interdit les rassemblements de plus de 50 personnes en milieu clos et les urgences commencent à être débordées, cependant que l'Italie déplore 50 morts en 48 heures.

Le 8 mars, on constate que des gens commencent à faire des stocks dans les supermarchés.

Des établissements de santé du Haut-Rhin, à Colmar notamment, annoncent publiquement qu'ils craignent une pénurie de masques de protection.

Le 9 mars, les réunions publiques dans le cadre de la campagne des municipales à Strasbourg, à Schiltigheim, à Colmar, sont peu à peu annulées. 262 cas sont confirmés dans le Grand Est et l'Alsace déplore deux décès. Les élèves haut-rhinois scolarisés dans le Bas-Rhin doivent rester chez eux.

Peugeot Mulhouse à l'arrêt, concerts au Zénith annulés, élections maintenues

Le 10 mars, ce sont les chirurgiens-dentistes qui tirent la sonnette d'alarme : eux aussi font face à une pénurie de masques. A Brumath, l'hôpital la Grafenbourg ferme ses portes au public. A Strasbourg, un conducteur de bus de la CTS (1500 salariés) est hospitalisé pour coronavirus. Jean-Jacques Better, président des hôteliers-restaurateurs du Haut-Rhin, qui sera plus tard gravement atteint par le coronavirus, prévient que son secteur d'activité vit une « catastrophe ». L'Allemagne recommande fortement aux travailleurs frontaliers du Haut-Rhin de rester chez eux. Un quatrième décès est à déplorer dans le Grand Est. Les concerts d'Alain Souchon et d'Eric Serra, au Zénith de Strasbourg, sont annulés.

Le 11 mars, alors que 1784 cas confirmés de coronavirus sont à déplorer en France, il est décidé de mobiliser la réserve sanitaire. Plusieurs hommes politiques (dont le député Eric Woerth) incitent les gens à aller voter le 15 mars, même « avec des gants, des bonnets, des masques ». A Kehl, ville frontière allemande proche de Strasbourg, les enfants français sont bannis des écoles. A l'aéroport de Strasbourg-Entzheim, une centaine de passagers d'un vol en provenance de Tunis sont confinés sur le tarmac durant plusieurs heures, une personne testée positive en Tunisie ayant fui l'hôpital où elle était soignée, puis voyagé sur ce vol. L'équipe des Internationaux de Tennis de Strasbourg continue quant à elle de croire en l'organisation de l'événement sportif, du 16 au 23 mai. L'inquiétude gagne aussi l'Eglise catholique, après qu'un diacre du secteur de Haguenau a été contaminé. Le Grand Est déplore un 5e mort, originaire du Haut-Rhin, un département qui est confirmé comme foyer actif : 84 personnes sont hospitalisées à Mulhouse, dont 10 en réanimation.

Le 12 mars, l'usine PSA Mulhouse (5000 salariés) déplore un premier cas positif. Des mesures renforcées sont mises en place : suppression du service de restauration, accès aux vestiaires restreints, poignées de mains proscrites... Un cas de coronavirus est aussi confirmé à la centrale nucléaire de Fessenheim. Le même jour, l'annulation de la prochaine session au Parlement européen de Strasbourg (30 mars-2 avril) est annoncée. La France compte 2300 cas et les visites en EHPAD sont suspendues dans tout le pays.A Benfeld, on apprend le décès de Xavier Humler, ancien conseiller municipal et vice-président de la communauté de communes. Il a été détecté positif au coronavirus après sa mort. L'Alsace, que l'Allemagne vient de classer en « zone rouge » compte six décès et la circulation du virus est qualifiée d'« intense » dans le Haut-Rhin.

Le 13 mars, 120000 cas de coronavirus sont recensés dans le monde.Plusieurs pays se ferment aux étrangers : Slovaquie, Hongrie... Les Etats-Unis interdisent l'accès aux Européens. Les bourses s'effondrent. Le Land du Bade-Wurtemberg déplore un premier décès. En Alsace, le décès d'une tête de liste aux municipales à Oderen, Noël Delettre, adjoint au maire, suscite l'inquiétude, même si rien ne permet d'affirmer que l'homme était malade du coronavirus. L'homme est décédé d'une embolie à 62 ans. La veille, Emmanuel Macron a confirmé le maintien des élections municipales, après avoir fortement pensé à les reporter. Il annonce également la fermeture des écoles au plan national, ce qui est vécu comme une soulagement en Alsace, car les règles sont ainsi clarifiées. L'écrivain chilien Luis Sepulveda, atteint du coronavirus, est hospitalisé en Espagne.


La culture se met en sommeil, les hôpitaux commencent à être submergés

Le 14 mars, le gouvernement annonce que la crise du coronavirus coûtera des dizaines de milliards d'euros à la France. Des mesures de chômage partiel sont mises en place « pour préserver l'emploi ».Les écoles sont fermées en Suisse et dans le Bade-Wurtemberg à leur tour. La France affiche 79 morts du coronavirus. Plusieurs structures annulent tous leurs spectacles jusqu'au 7 avril : l'Illiade à Illkirch, le Point d'Eau à Ostwald. Le théâtre alsacien baisse le rideau un peu partout. Les cinémas, les piscines ferment aussi. La foire de Printemps de Colmar est annulée. La dernière étape du Paris-Nice est annulée, le Giro, le tour d'Italie, est reporté. Le Royal Palace, à Kirrwiller, met fin prématurément à sa saison, tout comme l'Opéra du Rhin et le TNS, tandis que l'Orchestre philharmonique de Strasbourg s'interroge sur le maintien de sa grosse production, Roméo et Juliette, du 18 au 21 avril. Le concert d'Iggy Pop à Strasbourg est reporté.La Ligue 1 de football est « mise en sommeil ». Les hôpitaux d'Italie ressemblent à des « champs de bataille ». L'Alsace passe au « stade 2 renforcé », avec 157 cas confirmés dans le Bas-Rhin, 682 en Alsace. Les centres 15 de Mulhouse et Strasbourg sont renforcés. Le restaurant du personnel des Hôpitaux universitaires de Strasbourg est transformé en centre d'accueil et de dépistage. Les opérations non-urgentes sont reportées. 65 soignants, détectés positifs au coronavirus, sont placés en quarantaine. On s'interroge sur la participation aux élections municipales du lendemain. Les enseignants et les établissements scolaires organisent l'enseignement à distance.

Faible participation au premier tour des municipales, début de polémique sur le maintien du scrutin, basculement de la situation sanitaire en Alsace

Le 15 mars, les Français vont voter. Mais l'angoisse est présente : les assesseurs « âgés » de plus de 70 ans peuvent-ils rester enfermés durant plusieurs heures dans un bureau de vote ? Plusieurs désistements ont été enregistrés, à Colmar notamment.

On note un premier cas d'agression « chantage » au coronavirus : à Strasbourg, un homme a mordu des vigiles en prétendant être malade. Malgré tout, malgré le passage au stade 3 de l'épidémie, la 15e édition des « 100 km à vélo » d'Urschenheim a rassemblé quelque 120 cyclotouristes et des gilets jaunes à Gundershoffen ont fait leur 70e manifestation. Les patrons de bars et restaurateurs, eux, vivent un « choc », avec l'annonce de la fermeture de tous leurs établissements.

Le 16 mars, on constate une abstention « historique » aux élections municipales de la veille, même si plusieurs maires se réjouissent de leur réélection au premier tour. L'ambiance de cette soirée électorale est qualifiée d'« irréelle », car dans le même temps, 20 personnes sont décédées du coronavirus dans le Haut-Rhin en trois jours. En Espagne, on déplore 152 morts en 24 heures et des drones sont déployés pour inciter les gens à rentrer chez eux. Les épidémiologistes, très inquiets, évoquent un « confinement total » en France.

Le 17 mars, la polémique sur le maintien du premier tour des municipales démarre. A Sélestat, des candidats déplorent qu'on leur ait coupé le micro après l'annonce des résultats. Impossible pour eux de faire une déclaration devant la foule rassemblée. A Châtenois le maire doit se justifier sur l'accueil d'une centaine de personnes à l'espace Les Tisserands après le dépouillement. A Rouffach, le maire sortant, réélu, Jean-Pierre Toucas, est allé d'embrassades en accolades, et la salle des fêtes a rassemblé plus de 50 personnes pour célébrer sa victoire. L'Allemagne, elle, ferme sa frontière avec la France. Les tribunaux du Haut-Rhin ferment leurs portes au public. Sur le plan sanitaire, la situation bascule en Alsace : le CHU de Strasbourg est transformé en hôpital Covid-19 et, en quelques heures, à l'hôpital Emile-Muller de Mulhouse, c'est un flux incessant de malades qui sont admis.

L'hôpital mulhousien indique utiliser 24000 masques en un week-end et « tenir » grâce au renfort de soignants retraités. L'accueil des enfants de personnels soignants s'organise dans toute l'Alace. 9000 cas et 309 morts sont à déplorer en Espagne. L'Allemagne compte 1000 cas de plus en 24 heures. PSA ferme sa production sur son site de Mulhouse, les trafics aérien et ferroviaire sont fortement réduits. Les chantiers, dont celui du grand contournement Ouest de Strasbourg, sont à l'arrêt. Emmanuel Macron annonce la mise en place du confinement : « Nous sommes en guerre ».


Roland-Garros reporté, on applaudit les soignants

Le 18 mars, on annonce que le tournoi de Roland-Garros est reporté à l'automne. En Alsace, les professionnels du tourisme se retrouvent dans une réunion de crise. Les marchés et supermarchés sont pris d'assaut par des consommateurs angoissés. Il n'y a déjà plus d'oeufs sur les étals et dans les rayons. Les pharmacies doivent restreindre leurs ventes de paracétamol. Les policiers avertissent : très rapidement, les amendes de 135€ pour non-respect du confinement vont pleuvoir. A Mulhouse, on confirme l'installation d'un hôpital militaire et des transferts de malades vers des hôpitaux de France moins touchés par l'épidémie. Par solidarité avec les personnels soignants au combat, un rendez-vous de 20h, aux balcons et aux fenêtres, se met en place : on y applaudit les médecins et les infirmiers, au front contre le virus.

Cette solidarité se traduit aussi par des repas offerts aux personnels soignants. Les élus approuvent tous le report du second tour des municipales. Alors qu'on relève en Alsace plus d'un millier de cas de coronavirus et 16 décès, la Grande-Bretagne (et l'Europe entière) s'interroge sur la stratégie du Premier ministre Boris Johnson. Au Royaume-Uni, un semi-marathon, un concert, un tournoi de tennis, réunissent encore des milliers de personnes.

Le 19 mars, on apprend que six premiers patients, dans un état grave, ont été évacués par A330 médicalisé vers des hôpitaux militaires du sud de la France.

Les pharmaciens et les médecins généralistes se plaignent de dotations trop faibles en masques de protection : « On nous envoie au front tout nus », déplore un responsable du centre 15 du Haut-Rhin. Plusieurs établissements et usines offrent donc aux hôpitaux les masques qu'ils avaient en stock : musées, bibliothèque universitaire de Strasbourg, ramoneurs... Mais, ce même jour, le Pr Salomon lui-même, directeur général de la Santé, prétend que porter un masque n'est « pas forcément efficace ». A Beblenheim, un cycliste, victime d'un accident lors d'une sortie à 15km de chez lui, est verbalisé par les gendarmes. Ce cas médiatique fera le tour de France. La ville de Strasbourg doit fermer ses parcs publics, « parce que des gens continuent à se balader, par égoïsme ». Les Internationaux de Tennis de Strasbourg annoncent le report de leur édition 2020, après s'être beaucoup interrogés.

Un pasteur de la Porte ouverte chrétienne demande "pardon", le festival de Cannes annulé

Le 20 mars, on apprend qu'un candidat sur la liste de Gilbert Stoeckel, à Thann, est hospitalisé dans un état grave pour cause de coronavirus. La situation sanitaire « s'aggrave », avec 1169 personnes hospitalisées, 300 en réanimation en Alsace, et 93 décès dans le Grand Est. Des proches de malades et de personnes décédées parlent du « cauchemar » qu'ils vivent. Un pasteur de la Porte ouverte chrétienne, organisatrice du rassemblement qui a fait accélérer l'épidémie, demande « pardon » lors d'un culte dédié aux malades et soignants, mais la stigmatisation qui frappe depuis lors les évangéliques, notamment sur les réseaux sociaux, amène le pasteur Peterschmitt à rappeler que les membres de son Eglise sont d'abord « des victimes ». Des chantiers sont stoppés un peu partout en Alsace, on ferme le tunnel de Schirmeck « jusqu'à nouvel ordre ». Les grands prix de Formule 1 sont tous annulés : Pays-Bas, Espagne, Monaco... C'est aussi le cas du Festival de Cannes. Des Alsaciens en voyage à l'étranger ne peuvent plus rentrer chez eux et l'aéroport d'Entzheim est à l'arrêt. Dans le même temps, les nouvelles de la Chine, d'où est partie la pandémie, sont rassurantes : il n'y a plus aucun nouveau cas autochtone dans l'ancien Empire du Milieu.


La traque aux infractions au confinement, premier médecin mort en France

Le 21 mars, on constate un peu partout en France un non-respect du confinement, à tel point que certains maires, comme Christian Estrosi à Nice, envisagent de recourir au couvre-feu. Mais c'est aussi le cas de Bernard Fischer à Obernai. La préfète du Haut-Rhin durcit les règles, après avoir constaté des rassemblements de personnes dans les parcs, gravières ou forêts. A Wissembourg, un policier municipal contrôle 60 personnes en promenade, en 40 minutes : « Beaucoup trop de monde en ville ! ». Dans le Haut-Rhin, l'hélicoptère de la gendarmerie traque les contrevenants. La question se pose aussi du maintien des marchés. Les Eglises annoncent de premières messes en Facebook live, comme à Village-Neuf, par exemple.

Le 22 mars, c'est l'agriculture alsacienne dans son ensemble qui sonne l'alerte. On a besoin de saisonniers, pour les asperges, pour le houblon. La FDSEA lance un « appel aux volontaires » pour venir travailler aux champs. La Région Grand Est commande 5 millions de masques pour les soignants et plusieurs patients alsaciens sont accueillis dans des hôpitaux du Bade-Wurtemberg. Plusieurs Alsaciens, touristes à l'étranger, témoignent de leurs conditions de vie au Pérou, ou en Italie, à Bologne, « en pleine pandémie », ou encore confinés dans un hôtel aux Canaries. La manifestation artistique « L'Industrie Magnifique » annonce l'annulation de son édition 2020.

Le 23 mars, on déplore la première mort d'un médecin en France à cause du coronavirus. Il s'agit d'un médecin urgentiste de 67 ans, dans l'Oise. Un deuxième suit, cette fois en Moselle, où l'un des généralistes de Saint-Avold est décédé. L'Espagne continue à compter ses morts : 394 nouveaux décès en 24 heures. L'ancien président du Real Madrid, Lorenzo Sanz, décède du coronavirus à 76 ans. 480 personnes sont placées en réanimation dans le Grand Est et les craintes sont grandes d'une « saturation » générale des hôpitaux dans la région.

Deux médecins alsaciens morts du coronavirus, Manu Dibango décède à 86 ans

Le 24 mars, le décompte des médecins décédés du coronavirus en France s'établit à cinq et, parmi eux, deux Alsaciens : le Dr Ramloll, 70 ans, à Fessenheim, et le Dr Boeglé, 66 ans, à Mulhouse. « On va vers une catastrophe », s'alarme un responsable de syndicat de médecins libéraux. A Mulhouse, l'hôpital militaire est en place, « prêt à l'emploi ».

Claudio Capéo reporte son spectacle au Zénith de Strasbourg, programmé le 15 avril. Pour la première fois, le Japon admet la « possibilité » d'un report des Jeux Olympiques d'été de Tokyo.

Le 25 mars, on apprend la mort du saxophoniste Manu Dibango, des suites du coronavirus, à l'âge de 86 ans, en même temps que le cap du millier de décès est franchi en France. Ce qui pousse les autorités sanitaires à envisager une prolongation du confinement jusqu'à une durée de six semaines au moins. Les JO de Tokyo sont officiellement reportés à 2021. En Alsace, on estime le nombre de décès dans les EHPAD à 101 personnes depuis le début de la crise, un chiffre certainement en-deçà des réalités. Dans les hôpitaux alsaciens, 69 personnes sont décédées. Un avion militaire a transporté 6 patients de Mulhouse vers des hôpitaux de l'Ouest (Brest et Quimper). Les producteurs montent au créneau contre l'interdiction des marchés, « une catastrophe », selon la FDSEA du Bas-Rhin. En Afrique du Sud, six touristes alsaciens sont contaminés et confinés. A Wuhan, les autorités commencent à annoncer la fin du confinement. Et, en Italie, le nombre de morts journalier repart à la hausse (743 décès en 24 heures).


TGV sanitaire à Strasbourg, Macron à l'hôpital militaire de Mulhouse

Le 26 mars, un individu qui a été contrôlé trois fois pour non-respect du confinement risque une peine sévère. Car la Justice le dit clairement : les déplacements injustifiés s'exposent à des réponses pénales « fermes ». En Alsace, les entreprises s'organisent pour livrer du gel hydroalcoolique, qui manque. A Huningue, Weleda oriente sa production de l'homéopathie vers les solutions hydroalcooliques. Les distilleries participent à l'effort en fournissant de l'alcool. Les pharmaciens font le mélange. Peu à peu, les commerces qui restent ouverts mettent en place des mesures de protection : parois de plexiglas, horaires adaptés, limitation du nombre simultané de clients dans les magasins. Des mesures d'accès prioritaires aux personnels soignants sont instaurées. A Strasbourg, un TGV sanitaire évacue 20 patients alsaciens vers des CHU de l'ouest de la France. A Mulhouse, l'hôpital Emile-Muller et l'hôpital militaire installé à son côté, reçoivent la visite d'Emmanuel Macron. Les soignants lui font part de leurs difficultés : manque de moyens humains, manque de moyens de protection, même si l'ARS commence à distribuer des masques, au compte-gouttes, aux professionnels de santé. Des infirmiers libéraux mulhousiens, extrêmement sollicités, se plaignent des prix des protections. Ils ont bricolé des surblouses à partir de housses de pneus... En Grande-Bretagne, le prince Charles est positif au coronavirus.

La vie redevient presque normale à Wuhan, TGV sanitaires à Strasbourg, décès du maire de Saint-Nabor

Le 27 mars, alors que la vie redevient peu à peu « normale » dans la province chinoise du Hubei, la surmortalité dans le Haut-Rhin approche les 75% et le Bas-Rhin déplore 151 décès dans les hôpitaux. La situation est difficile aux hôpitaux universitaires de Strasbourg, mais une expertise médicale rédigée par trois médecins de Tübingen décrit l'apocalypse : des cliniques privées fermées, des opérations essentielles reportées, des soignants contaminés encore au travail... Ce « rapport » fera tache d'encre en Allemagne et il faudra de longues semaines pour que la vérité éclate sur le manque de sérieux (euphémisme) de ceux qui l'ont rédigé. D'autres évacuations sanitaires ont lieu : par avion militaire, de Mulhouse vers Bordeaux, par TGV, de Strasbourg vers les Pays de la Loire.

Le monde du sport envisage que le Tour de France, programmé pour le mois de juillet, se coure à huis clos. Le monde de la culture apprend que la foire d'art contemporain Art Basel est reportée en septembre. Sur le web, une chanson anticoronavirus, composée par la Colmarienne Catherine Fender, fait un tabac : on l'entonne en canon aux quatre coins de l'Alsace.

Le 28 mars, on apprend le décès du maire de Saint-Nabor, François Lantz, 74 ans, victime du coronavirus. M. Lantz ne se représentait pas cette année. Il avait ressenti les premiers symptômes au lendemain du premier tour des municipales. En France, le bilan avoisine les 2000 morts, dont 660 dans le Grand Est. Parmi eux, Julie, 16 ans, plus jeune victime du pays, décédée à Paris, après avoir été testée deux fois négative au Covid-19. Dans le monde, le nombre de victimes approche les 25000. La situation est particulièrement dramatique en Italie, où la Lombardie déplore 5400 morts, et en Espagne, qui a enregistré 769 morts en 24 heures. A Strasbourg, des effractions sur des véhicules de soignants, stationnés sur le parking du CHU de Hautepierre, émeuvent la France entière. Les journaux de France s'insurgent contre la Poste, qui n'assure plus sa mission de service public en ces temps de coronavirus, et ne distribue plus le courrier tous les jours. Dans le Grand Est, on estime que 130000 salariés sont au chômage partiel.


Désinfection des rues, mort de Pape Diouf

Le 31 mars, l'épopée de deux paquebots de croisière dans les Caraïbes émeut la planète. Les bateaux comptent des milliers de passagers de toutes les nationalités à bord, dont plusieurs sont malades du coronavirus, mais il transportent aussi des morts. Le prince Charles, lui, sort de sa quarantaine. En France, plusieurs personnes sont hospitalisées pour avoir pris de l'hydroxychloroquine sans avis médical. En Alsace, plusieurs maires décident de désinfecter des rues et des éléments de mobilier urbain, une mesure contestée : à Soultz, à Colmar, on pulvérise une solution bactéricide en des lieux choisis. A Diebolsheim, on apprend le décès de l'ancien maire, Jean-Jacques Siegel, 72 ans, des suites du coronavirus. Dans le Bas-Rhin, les relations se tendent entre la préfecture et certaines communes, après le refus de réouverture des marchés.

Le 1er avril, on apprend que le festival Pisteurs d'Etoiles, à Obernai, n'aura pas lieu. L'aéroport de Paris-Orly se met en sommeil : plus de vols commerciaux. En Belgique, un cas de décès très rare chez un jeune malade : une adolescente de 12 ans meurt du coronavirus. Dans ce pays, la pandémie a fait à ce jour 705 morts. En France, l'OM pleure la mort au Sénégal de son ancien président, Pape Diouf, des suites du coronavirus. En Alsace, l'épidémie continue d'accélérer : un travailleur handicapé décède à 48 ans dans une structure de l'Adapei du Sundgau, des résidentes de maisons de retraite sont hospitalisées, un homme vivant dans une maison isolée de la vallée de Munster est transporté dans un état grave à l'hôpital. Dans le même temps, une nouvelle évacuation de patients de Colmar et Mulhouse, par avion militaire, permet de transférer six malades vers Hambourg, en Allemagne.

En Alsace, l'effet du confinement se fait sentir sur la qualité de l'air, qui devient plus respirable.

Wimbledon annulé, circulation active du virus en Alsace, mais légère accalmie à Colmar et Mulhouse

Le 2 avril, c'est le tournoi de tennis de Wimbledon qui est finalement annulé. Dans le monde, les hôtels Accor doivent fermer les deux-tiers de leurs établissements. En Europe, on continue d'applaudir les soignants, mais aussi tous ces métiers qui sont en première ligne (éboueurs, caissiers etc.), alors que le bilan s'alourdit encore en Italie, qui déplore 727 morts en 24 heures, pour un total de plus de 13000. Le bilan est lourd aussi en Espagne, où l'on franchit le cap des 9000 morts. En conséquence, les peines s'alourdissent pour ceux qui ne respectent pas les règles du confinement : un jeune homme de 20 ans est condamné à deux mois de prison ferme. Edouard Philippe, à l'Assemblée Nationale, annonce que le déconfinement sera progressif, alors que 6000 personnes sont encore en réanimation en France. Pour autant, l'épidémie semble marquer le pas à Mulhouse : pour la première fois, les soignants évoquent « une accalmie » : le nombre de patients pris en charge aux urgences baisse. A Colmar, on signale aussi un « ralentissement » et une pression en baisse sur le centre d'appels 15. Au total, en France, 884 personnes sont décédées en EHPAD.

Le 3 avril, le nombre de personnes hospitalisées dans le Grand Est dépasse les 4500. Le 4 avril, on est à 6500 morts en France et on commence à avoir du recul sur l'épidémie, sur la surmortalité, qui a atteint 19% dans le Grand Est, en particulier dans le Haut-Rhin (où elle est à 84%). Le nombre de morts, sans baisser, commence à décélérer dans ce département, où on commence à entrevoir de l'espoir, « la lueur au bout du tunnel ». Un nouveau TGV sanitaire évacue 24 patients, des hôpitaux saturés d'Alsace vers Bordeaux, Dax, Mont-de-Marsan... En France, on estime à 1400 environ le nombre de décès dans les EHPAD, dont près de 600 dans le Grand Est. En revanche, aux Etats-Unis, la situation s'aggrave, avec 1200 morts en 24 heures et des hôpitaux submergés. En Espagne, on compte plus de 900 morts en 24 heures. En Alsace, ce sont les vignerons qui tirent la sonnette d'alarme : la profession accuse une perte de chiffre d'affaires de 90%.


Un troisième médecin décédé en Alsace, mort du maire de Saint-Louis, réquisitions de masques

Le 5 avril, on parle beaucoup d'une « pénurie » de farine dans les magasins d'alimentation : les rayons sont vides. En réalité, il n'y a pas de pénurie, les moulins continuent à fournir, mais les consommateurs confinés font plus de gâteaux qu'avant et se ruent sur la farine, par peur de la pénurie justement. Dans le Bas-Rhin, 300 tablettes sont distribuées aux résidents des EHPAD pour leur permettre de continuer à communiquer avec leur famille. A Mulhouse, l'espoir se fait chaque jour plus vif : « On a l'impression que le tsunami est passé », témoignent des soignants.

Le 6 avril, en Grande-Bretagne, pour la première fois depuis le début de son règne, la reine Elisabeth II s'adresse à la nation britannique. Elle félicite les soignants et les citoyens qui respectent le confinement. En Alsace, on annonce le décès d'un troisième médecin des suites du coronavirus : André Charon, 73 ans, qui officiait à la maison de santé de Folgensbourg, près de Saint-Louis. Dans le Grand Est, le nombre de décès quotidiens amorce une lente décrue, pourtant, même si plus de 2000 personnes sont encore hospitalisées en Alsace, dont plus de 400 en réanimation.

Le 7 avril, les pays d'Europe ne parviennent pas à se mettre d'accord sur la solidarité financière pour assurer la sortie de crise. On anticipe d'ailleurs la « sortie » du confinement ici ou là. Ou plutôt, on y réfléchit. La rectrice d'académie parle de « sortie progressive », de « remobilisation » des acquis. En Grande-Bretagne, on apprend que le Premier ministre Boris Johnson, qui avait été dépisté positif au coronavirus, vient d'être placé en soins intensifs. A l'aéroport de Bâle-Mulhouse, l'Etat réquisitionne, sur le tarmac, des millions de masques qui venaient d'être livrés à l'attention des régions Grand Est et Bourgogne-Franche-Comté. Les présidents de Régions dénoncent l'absence de concertation. L'Alsace continue de compter ses morts : 795 décès depuis le début de l'épidémie. Parmi eux, le maire de Saint-Louis, Jean-Marie Zoellé, mort à 75 ans à l'hôpital de Bonn, où il avait été transféré. Ce décès relance la polémique sur le maintien du premier tour des municipales, sur la campagne qui l'a précédé : « On nous a envoyés au casse-pipe », dit une candidate alsacienne.

Une maladie "terrible", des transferts qui sauvent des vies, Jeanne Barseghian malade

Le 8 avril, la ville de Wuhan, en Chine, sort enfin de quarantaine, pendant qu'en France plusieurs élus durcissent les règles du confinement, notamment concernant les joggeurs. Le nombre de morts quotidien baisse en Italie (604 morts en 24 heures), mais il augmente encore en Espagne (743 morts). En Alsace, on compte 831 morts depuis le début de la crise. On parle aussi maintenant de la rééducation que doivent subir les patients guéris : rééducation respiratoire et rééducation motrice, pour les personnes sorties du coma. Des témoignages de patients guéris après transfert dans un hôpital d'une autre région (ou d'un autre pays) affluent.

« Ces transferts sauvent des vies », dit la fille d'un malade transféré de Mulhouse à Angoulême. A Strasbourg, l'idée de transformer les locaux du Parlement européen en centre de dépistage au coronavirus fait son chemin. Dans le sud de l'Alsace, la suspension des dessertes de la commune alsacienne de Leymen par le tramway suisse, pour raisons sanitaires, fait scandale.

Le 9 avril, on apprend que le porte-avions Charles-de-Gaulle, qui croisait dans l'Atlantique, doit anticiper son retour en France après que quarante cas suspects ont été détectés à bord. L'Union européenne est toujours bloquée : ses pays membres ne parviennent pas à trouver un accord pour sortir de la crise. La Ville de Strasbourg annonce qu'elle va passer une commande de 50000 masques en tissu lessivables, alors qu'on apprend que la tête de liste écologiste aux municipales, Jeanne Barseghian, arrivée en tête au premier tour, a été malade du coronavirus. A Mulhouse, on continue à parler d'une « accalmie », qui se confirme, même si un EHPAD déplore le décès d'une aide-soignante des suites du coronavirus et d'un quatrième médecin, le Dr Gilet, à Dannemarie. Daniel Bernard, le maire de Niedermorschwihr, raconte sa maladie dans nos colonnes : « Cela vous bouffe le cerveau », dit-il, en décrivant « un mal de tête terrible » et « le moral qui en a pris un coup ». Au total, la France pleure 11000 morts. Et, dans la région Grand Est, le directeur de l'ARS, Christophe Lannelongue, est débarqué en conseil des ministres, pour avoir dit que le plan d'économies était toujours en cours dans les hôpitaux de Nancy, malgré le coronavirus.

Prison ferme pour non-respect réitéré du confinement

Le 10 avril, la presse rend compte de la visite du président Macron à Marseille, à l'IHU du Pr Didier Raoult, « chantre de l'utilisation très controversée d'un dérivé de la chloroquine contre le coronavirus ». C'est ce même jour que naît une nouvelle polémique, sur une morgue temporaire installée à Rungis, qui coûte cher aux familles de victimes. En Alsace, à l'orée du week-end de Pâques, les policiers préviennent qu'ils ne relâcheront pas leurs efforts pour faire respecter le confinement et qu'ils renforceront même les contrôles. Ainsi, un Strasbourgeois de 18 ans, verbalisé pour la 5e fois, part en prison. Le jésuite Henri Madelin, né en Alsace, meurt du coronavirus à l'âge de 83 ans. L'Alsace paie toujours un lourd tribut, avec 893 décès depuis le début de la crise.

L'Alsace a passé le "pic" de l'épidémie, des Français malmenés en Allemagne

Le 11 avril, il se fait de plus en plus manifeste que le « pic » de l'épidémie est derrière nous. En nombre de morts, en nombre d'admissions  aux urgences, l'Alsace a connu sa pire semaine entre le 23 et le 29 mars, avec une saturation très importante des lits de réanimation. Depuis, une très lente décrue s'opère, ce qui n'empêche pas le bilan humain d'approcher du millier de morts. Ce même jour, on apprend le décès de la veuve de Georges Marchais, Liliane, du coronavirus, à 84 ans. Le bilan s'alourdit aussi nationalement dans les EHPAD, avec 4600 morts.

Le 12 avril, on a connaissance d'actes « anti-Français » en Allemagne : jets d'oeufs, insultes... La ministre de l'Economie de la Sarre a ainsi présenté ses excuses à la France. Une publicité pour un centre commercial vante le bonheur de faire ses courses sans les Français grâce à la fermeture des frontières. Le bilan humain en Alsace atteint 922 morts.


Le décès de Bernard Stalter, Boris Johnson en convalescence

Le 14 avril, L'Alsace et les DNA annoncent le décès de Bernard Stalter, conseiller régional, président des chambres de métiers d'Alsace, du Grand Est et de France, à l'âge de 63 ans. Coiffeur de profession, infatigable défenseur de l'artisanat, Bernard Stalter, victime du coronavirus, entraîne une vague de sympathie dans toute l'Alsace et le Grand Est. Ce même jour, on découvre une importante entorse au confinement à Oberhoffen-sur-Moder, où plusieurs personnes ont participé à un apéro puis à un barbecue. A Strasbourg, un homme de 32 ans est interpellé dans le tramway. Porteur du coronavirus, il avait craché sur trois personnes dont deux policiers. En Alsace, le bilan continue à se rapprocher du millier de morts, avec 952 victimes, tandis que le département du Haut-Rhin débute une campagne de dépistage dans les EHPAD et que les acteurs du tourisme racontent de terribles pertes. Boris Johnson, lui, sort de l'hôpital, pour continuer sa convalescence alors que la pandémie a fait 10000 morts dans son pays. Le virus fait aussi des ravages en Amérique du Sud, notamment en Equateur, où les rues de certaines villes sont « jonchées de cadavres ».

Le "cap" du millier de morts à l'hôpital en Alsace, le député Reitzer va de mieux en mieux

Le 15 avril, on continue de s'interroger sur la rentrée des classes programmée, progressivement, à partir du 11 mai. A Dambach-la-Ville, l'entreprise de fabrication de chaussettes Labonal obtient l'agrément pour confectionner des masques tricotés.

Le 16 avril, Amazon ferme ses sites français pour cinq jours, après que le tribunal judiciaire de Nanterre lui a demandé de limiter son activité dans l'attente d'une évaluation des risques sanitaires dans les entrepôts. La France pleure le décès du chanteur Christophe, emporté par « une maladie pulmonaire », sans référence au coronavirus. En Alsace, la maison de retraite de Rosheim déplore onze cas de coronavirus. Les chirurgiens-dentistes d'Alsace, qui sont fermés depuis le début du confinement, vont pouvoir disposer de tests de dépistage. La Région Grand Est a réceptionné deux millions de masques, à destination des professionnels de santé. Du Sundgau, dont il est le député, arrivent de meilleures nouvelles du député Jean-Luc Reitzer, qui avait été hospitalisé le 5 mars après avoir attrapé le coronavirus : son état de santé s'améliore doucement. Donald Trump, à la tête des USA, Suspend provisoirement la contribution de son pays au budget de l'OMS, à laquelle il reproche de ne pas avoir fait son travail à temps en Chine. Dans l'ensemble, en France, la situation s'améliore: pour la première fois, le nombre de personnes hospitalisées baisse.

En Alsace, le fameux « plateau » épidémique, c'est-à-dire une situation qui cesse de se dégrader mais qui s'améliore tout doucement, semble être là. L'effet du confinement, affirme chercheurs et soignants, le 17 avril, alors que le bilan en Alsace franchit le cap du millier de morts. Tous les regards européens, où le bilan est lourd, se tournent vers la Chine, qui annonçait sur son sol un nombre de victimes limité. Le président Macron émet publiquement des doutes sur la gestion chinoise de la crise. Sur la route des Vins, le SlowUp Alsace 2020, où étaient attendues des dizaines de milliers de personnes, est annulé. Le maire de Strasbourg, Roland Ries, annonce que la Ville a commandé 300000 masques pour les habitants. Plus généralement, toutes les collectivités locales du Bas-Rhin s'engagent à fournir deux masques à chaque habitant du département.

"Ralentissement" de l'épidémie en Alsace, nombreuses initiatives solidaires, plus de 20000 morts en Espagne

Le 18 avril, on apprend que le marché automobile a plongé en Europe,notamment à cause des concessions fermées pour confinement. En France, où l'on compte 9 millions de salariés au chômage partiel, la facture atteint 24 milliards d'euros. En Allemagne, les dirigeants annoncent que l'épidémie est « sous contrôle ». En Alsace, on relève « une baisse de l'activité Covid-19 » dans les hôpitaux et un « net ralentissement » de l'épidémie, même si 18 morts sont encore à déplorer ce jour. A Mulhouse, l'hôpital militaire est d'ailleurs « redimensionné ».

Le 19 avril, L'Alsace et les DNA parlent de tous ces gens qui attendent désespérément de pouvoir retourner chez leur coiffeur. Car le confinement s'allonge et les chevelures aussi... L'ennui s'installe, aussi. Les soucis pour les parents séparés, dont certains n'ont pas vu leurs enfants depuis des semaines... Bien sûr, des initiatives solidaires continuent de naître ici ou là. A Bouxwiller, des enfants chantent contre ce « coronaminus ». A Thann, des bénévoles font les courses pour les personnes qui ont besoin d'aide. A Wittelsheim, les agents de la commune viennent prendre des nouvelles des personnes âgées confinées à domicile. A Ittenheim, un charcutier offre ses invendus... Les contrôles pour le respect du confinement se poursuivent : 100 gendarmes et un hélicoptère sont mobilisés dans le secteur de Colmar. Dans le Bas-Rhin, les berges des canaux, les sentiers, les voies vertes sont fermés au public. Depuis le 17 mars, 13,5 millions de contrôles ont été réalisés en France. Le maire de Fessenheim provoque l'ire de la police en dénonçant une « répression policière ». En Espagne, le bilan dépasse le seuil des 20000 morts. En Syrie, on craint une « hécatombe » dans les camps de réfugiés. Le cas d'une Japonaise, testée de nouveau positive au coronavirus après avoir été déclarée guérie, interroge.


L'escale à Brest du Charles-de-Gaulle, la miraculée alsacienne de 92 ans, l'annulation des courses de Strasbourg

Le 20 avril, il ressort que c'est l'escale à Brest du porte-avions Charles-de-Gaulle, du 13 au 16 mars, qui a entraîné une contamination massive de l'équipage. Lors d'une conférence de presse, le Premier ministre français, Edouard Philippe, souligne bien que l'après-11 mai ne sera pas un retour à la vie d'avant, alors que le bilan sanitaire frôle les 20000 morts, ce dont se doutaient d'ailleurs de plus en plus de Français. En Grande-Bretagne, son homologue, Boris Johnson, « récupère » de sa maladie. En Alsace, 1965 personnes sont encore hospitalisées.

Le 21 avril, la Suisse parle d'un assouplissement du confinement dès le 27 avril. Au Luxembourg, on sort « en douceur » de ce confinement. L'Allemagne annonce qu'elle paiera les soins des patients européens qui ont été soignés dans ses hôpitaux. La France franchit le cap des 20000 morts.A Storckensohn, une malade de 92 ans, Stéphanie Bluntzer, passée tout près de la mort, se remet doucement. Elle qui a été dans « un état gravissime », a résisté au virus et devient un symbole. Au 21 avril, la France fait aussi ses comptes : l'épidémie va se traduire par 120 milliards d'euros de pertes pour l'activité.

Le 22 avril, 531 morts sont enregistrés en France en 24 heures. Le corso fleuri de Sélestat, les Courses de Strasbourg, et la fête de la bière de Munich, l'Oktoberfest, sont annulés. Des visites dans les EHPAD sont à nouveau possibles, mais sous stricte surveillance et sur rendez-vous. Elles se concrétisent la plupart du temps par un « parloir ». L'Alsace continue sa décrue épidémique : 35 hospitalisations de moins et 14 personnes de moins en réanimation, en 24 heures.

Edouard Philippe aux hôpitaux de Strasbourg, un Nobel pour le déconfinement strasbourgeois

Le 23 avril, la France déplore encore 544 morts supplémentaires, mais le Pr Salomon, directeur général de la Santé, fait observer qu'il y a plusieurs « signaux positifs ». Ils sont perceptibles en Alsace, où le nombre de personnes hospitalisées décroît nettement. Le Premier ministre Edouard Philippe vient en visite aux hôpitaux universitaires de Strasbourg pour préparer le plan de déconfinement français. A Mulhouse, l'usine PSA est « prête à redémarrer ».

A Colmar, le marathon est annulé. Il devait se tenir en septembre. Une étude récente sur les habitudes des Français montre que ceux-ci se « laissent aller » en période de confinement, en particulier sur l'hygiène corporelle...

Le 25 avril, alors que l'épidémie marque encore le pas en Alsace, et en particulier dans l'hôpital mulhousien, Donald Trump scandalise encore une grande partie du monde avec ses déclarations sur les « ultraviolets » capables de tuer le virus, ou encore le détergent. Quelques patients américains seront hospitalisés pour avoir voulu suivre trop à la lettre les conseils du « Doctor Trump ».

Le 26 avril, le maire de Strasbourg, Roland Ries, dévoile un conseil consultatif de sortie de crise, à la tête duquel a été placé le prix Nobel alsacien Jules Hoffmann. Peu à peu, les entreprises se préparent à la reprise, partout en France, pendant que la décrue de l'épidémie se poursuit.


240 Moldaves bloqués sur une aire de service, "cauchemar" en Equateur

Le 27 avril, 240 Moldaves dans des cars de tourisme se retrouvent coincés sur l'aire de service autoroutière de Brumath sur l'A4. Ces Moldaves, partis de Paris, devaient rentrer chez eux, mais l'Allemagne et la République Tchèque ont refusé le passage des cars sur leur sol. Fort heureusement, après 24 heures d'arrêt forcé, ils ont pu reprendre la route, via l'Autriche et la Hongrie.

En Equateur, l'épidémie continue à tourner au cauchemar, on entasse les morts dans les hôpitaux. En Grande-Bretagne, Boris Johnson, qui s'apprête à reprendre les rênes du pouvoir après avoir contracté le coronavirus et avoir été hospitalisé, s'apprête à subir de lourdes critiques pour sa gestion de la crise sanitaire.

Le 28 avril, l'activité industrielle reprend doucement en Italie. En Alsace, la décrue se confirme dans les chiffres des hospitalisations. On apprend le décès de l'ancien sénateur et député européen Henri Weber, figure de Mai-68, des suites du coronavirus. On apprend également que les chercheurs strasbourgeois participent à la validation d'un premier traitement anti-Covid-19 en hôpital : le tocilizumab, dont les effets semblent prometteurs.

Annulation de la Foire aux Vins de Colmar, les départements alsaciens en rouge, le décès du maire de Kertzfeld

Le 29 avril, à la suite de l'interdiction des manifestations estivales rassemblant plus de 5000 personnes, la Foire aux Vins de Colmar est contrainte à son tour de jeter l'éponge. Dans les jours qui suivent, la carte des départements de France publiée chaque jour par le gouvernement, fait apparaître les deux départements alsaciens en rouge. Le virus circule peu, mais les services de réanimation sont encore en tension. Le déconfinement du 11 mai dépendra de ce « feu vert » dans les différents départements. Le 2 mai, pour la première fois depuis plusieurs semaines, on ne déplore aucun décès dans le Haut-Rhin. Des voix s'élèvent aussi, de part et d'autre du Rhin, en faveur de la réouverture de la frontière, pour faciliter la vie des travailleurs frontaliers, mais aussi pour préserver l'amitié franco-allemande, mise à mal par la pandémie et le confinement.

Le 3 mai, on relève un premier cas de chat contaminé au coronavirus en France. En Alsace, le nombre de morts et la pression sur les hôpitaux continuent de baisser : 14 décès « seulement » en 24 heures. Parmi ces morts, le maire de Kertzfeld, Claude Schoettel, décédé à 74 ans du coronavirus.

Les manifestations allemandes contre les mesures anti-Covid-19

Dans plusieurs villes allemandes, des milliers de personnes manifestent contre les « règles anti-Covid-19 ». Ainsi, à Stuttgart, « plusieurs milliers de manifestants » se rassemblent dans un objectif « non conformiste », contre « les mesures prises pour combattre le virus ». Ils mettent en avant la politique menée en Suède, où il y a eu très peu de confinement. A Fribourg-en-Brisgau, quatre cortèges initiés par le parti d’extrême droite AfD dénoncent une « exagération » de la crise du coronavirus « par les médias ». Les manifestants défilent sans masque et sans respecter la fameuse « distanciation sociale ».

En Alsace, le Pôle textile (PTA) annonce qu’il va produire 700000 masques à destination des entreprises, en mettant à contribution 500 salariés dans une quarantaine d’unités de production. Pendant ce temps, le nombre de personnes hospitalisées en Alsace continue de décroître, pour passer sous la barre des 1700.

En France, commence à circuler l’hypothèse qu’un premier cas de Covid-19 en France aurait été détecté dès la fin de l’année 2019, notamment à Bondy (Seine-Saint-Denis). En Allemagne, la reprise de la Bundesliga commence à se préciser, pendant que la « cacophonie » règne dans le foot français.


« Casser » les chaînes de contamination »

Le 4 mai, la CGT dénonce la surcontamination des personnels soignants : 11844 employés des hôpitaux au moins auraient ainsi contracté le coronavirus. Pendant ce temps, dans plusieurs communes d’Alsace, la distribution de masques a commencé et l’on commence à réfléchir au retour au travail après le déconfinement : gestion des flux dans les entreprises, port de protections, dépistage etc. Dans les EHPAD, sous haute sécurité, les visites des proches sont de nouveau autorisées. Et le Covid-19 fait 10 morts de plus en 24 heures en Alsace.

Le 5 mai, on ne compte « que » 10 morts de plus en 24 heures en Alsace.

Le 5 mai, la lente baisse du nombre des hospitalisations se confirme : 818 dans le Haut-Rhin, 825 dans le Bas-Rhin. On annonce la création de « brigades sanitaires », qui seront en place le 11 mai, jour du « déconfinement », dans chaque département. Elles sont censées lutter contre toute recrudescence de l’épidémie, en identifiant les personnes atteintes, en les isolant, en testant leur entourage etc. Le but est de « casser » les chaînes de contamination. Un peu partout, les déchetteries rouvrent, sous conditions sanitaires strictes, bien entendu.

Les commerçants, eux, commencent fortement à anticiper sur la reprise de leurs activités. A Strasbourg, on annonce le report du Mondial des vins blancs, programmé les 18 et 19 octobre. Le gouvernement annonce sa volonté de « relancer » le secteur de la culture. Cela passe par la protection des intermittents, qui vivent de grandes heures de précarité.

Les résultats sont « bons » en Allemagne, Martine Wonner exclue de LaREM

Le 6 mai, on apprend que le retour à la normale s’accélère outre-Rhin, car les résultats sont « bons » : « Nous avons atteint l’objectif de ralentir la propagation du virus », clame Angela Merkel. En Alsace, rencontre avec des anciens malades du Covid-19, convalescents, qui doivent réapprendre à parler, à déglutir, après plusieurs jours en service de réanimation, avec intubation.

A l’Assemblée nationale, la députée alsacienne Martine Wonner est exclue du groupe LaREM, pour avoir critiqué la stratégie du gouvernement face à la crise sanitaire. Mme Wonner faisait déjà figure de « frondeuse » au sein de LaREM, en raison de plusieurs prises de position iconoclastes. En France, le marché du plexiglas, boosté par l’épidémie, retrouve une seconde jeunesse. Hygiaphones et parois de protection (dans les administrations, dans les EHPAD) relancent le fameux « verre acrylique ».


Un 6e médecin alsacien décède, l’inquiétude en Russie

Le 7 mai, le défunt Bernard Stalter, victime de l’épidémie de coronavirus, est remplacé à la présidence de la chambre de Métiers d’Alsace par Jean-Luc Hoffmann, boucher-charcutier à Haguenau. C’est Christophe Doré qui prend sa place à la présidence de l’Union nationale des entreprises de coiffure. Ce même jour, l’Alsace déplore la mort de son sixième médecin des suites du Covid-19 : André Egri, 67 ans, cardiologue à Strasbourg. A quelques jours du retour à l’école, enseignants, élus et parents se trouvent face à un « casse-tête logistique et mathématique », pendant que la distribution de masques continue dans plusieurs communes d’Alsace.

Le 8 mai, à l’occasion des commémorations de la fin de la Seconde Guerre mondiale, plusieurs Alsaciens, élus et anonymes, veulent réaffirmer l’amitié franco-allemande, alors que les frontières sont fermées et ne laissent passer que les travailleurs frontaliers. Ce besoin d’amitié franco-allemande est aussi exprimé par Frank-Walter Steinmeier, le président de la République fédérale allemande : «Nous voulons plus et pas moins de coopération dans le monde, y compris dans la lutte contre la pandémie ».

Dans le monde, les chiffres de contamination inquiètent en Russie, où l’on dénombre plus de 10000 cas quotidiens.

Précautions avant le déconfinement en France, le virus s’approche de la Maison-Blanche

À l’aube du déconfinement, alors que 1520 malades du coronavirus sont toujours hospitalisés en Alsace, Europa-Park annonce la réouverture de ses portes, à Rust, juste de l’autre côté du Rhin, le 29 mai. La France reste sur sa lancée d’un déconfinement programmé pour le lundi 11 mai, mais l’état d’urgence sanitaire est prolongé jusqu’au 10 juillet. L’Eglise catholique compte ses morts : au moins 27 prêtres ont succombé en France des suites du coronavirus. Dans le monde du tennis, on n’exclut pas d’organiser le tournoi de Roland Garros à huis clos. De l’autre côté de l’Atlantique, le virus continue sa course. Il s’immisce jusque dans les sphères du pouvoir, à la Maison Blanche, à Washington, où des employés travaillant tout près du bureau ovale de Donald Trump ont été testés positifs. La situation continue à être alarmante au Royaume-Uni, où il n’est pas question de lever le confinement, en place depuis le 23 mars, trop tôt. Les mesures de restrictions pourraient durer jusqu’au 1er juin, indique Boris Johnson. De manière générale, l’Alsace se prépare prudemment à ce déconfinement, en évitant « de crier victoire trop vite », d’autant que le bilan est lourd : 1293 décès depuis le début de la crise. A Strasbourg, les marchés vont rouvrir, mais avec moult précautions et mesures barrières.


Annexe

17 mars - 11 mai 2020: des images pour la postérité

Le confinement a offert des images inédites de nos cités, un témoignage pour la postérité. En conclusion de cette rétrospective, nous vous proposons une sélection des images fortes de la capitale alsacienne pendant cette période.


Strasbourg à l'heure du confinement

Time lapse des rues de Strasbourg

Une promenade avec un peu de hauteur dans un centre-ville magnifique, mais qui ne se ressemble plus